Depuis 2024, la FCO fait régulièrement la une de l'actualité agricole, notamment avec l'arrivée du sérotype 3 sur le territoire français. Si vous avez quelques chèvres au jardin ou un troupeau plus conséquent, vous avez peut-être entendu parler de cette maladie sans trop savoir ce qu'elle implique pour vos animaux. Bonne nouvelle : les chèvres sont beaucoup moins touchées que les moutons. Mais connaître les bons gestes de prévention et les démarches possibles en cas de coup dur reste utile, quelle que soit la taille de votre troupeau.
© Pexels (Irina Novikova)
La FCO chez la chèvre : une maladie le plus souvent discrète
La FCO, ou fièvre catarrhale ovine, est aussi appelée maladie de la langue bleue. C'est une maladie virale qui touche les ruminants domestiques, dont les caprins. Elle ne se transmet pas directement d'un animal à l'autre : elle est propagée par des moucherons piqueurs, les culicoïdes.
Chez les chèvres, la bonne nouvelle est que la maladie passe le plus souvent inaperçue. Peu d'animaux sont touchés dans un troupeau, et les symptômes restent discrets comparés à ce qu'on observe chez les moutons. Quand des signes apparaissent, il s'agit généralement d'une fièvre de courte durée (3 à 5 jours), d'une congestion du visage, et parfois d'avortements.
Un point important : dans la plupart des cas identifiés chez les caprins, la FCO n'était pas seule en cause. D'autres maladies comme la pasteurellose, l'entérotoxémie ou du parasitisme étaient souvent présentes en même temps. Cela signifie qu'un animal affaibli par ailleurs sera plus sensible aux effets de la FCO.
Le sérotype 3, arrivé en France en 2024, peut affecter les caprins, mais généralement sans provoquer de mortalité. Autre précision qui doit rassurer : la maladie n'est pas contagieuse d'animal à animal en dehors de la piqûre de moucheron (sauf contamination par du matériel mal désinfecté, comme des aiguilles réutilisées), et elle n'a aucune incidence sur la santé humaine ni sur la qualité des produits alimentaires.
Vacciner ses chèvres contre la FCO : une décision volontaire à peser
Une vaccination facultative mais possible pour tous les propriétaires
En France, la vaccination contre la FCO n'est pas obligatoire. C'est une démarche volontaire, ouverte à tous les propriétaires de ruminants qui souhaitent protéger leur troupeau, y compris les détenteurs de quelques chèvres de compagnie. La décision se prend avec votre vétérinaire, en fonction de la situation sanitaire locale et de la composition de votre troupeau.
Quels vaccins et sous quelles conditions ?
Tous les vaccins FCO disponibles peuvent être utilisés chez les caprins, dans le cadre de ce qu'on appelle la cascade thérapeutique. Cela signifie qu'ils sont prescrits par votre vétérinaire, qui adapte le protocole à votre situation. Comme pour toute question de santé animale, ce choix doit être validé avec lui : il connaît vos animaux et l'état sanitaire de votre région.
Pourquoi viser une large couverture du troupeau
Pour que la vaccination soit vraiment efficace, il est recommandé de vacciner la plus grande partie possible du troupeau, y compris les animaux déjà infectés. C'est cette couverture large qui permet d'obtenir une immunité collective suffisante et de limiter la circulation du virus au sein de votre cheptel.
Effets secondaires à surveiller après l'injection
Comme pour toute vaccination, il est normal d'observer une petite réaction. Des réactions locales au point d'injection peuvent apparaître deux à cinq jours après la première dose. Si vous remarquez quelque chose d'inhabituel ou de persistant, n'hésitez pas à en parler à votre vétérinaire.
Un vaccin parfois pris en charge par l'État
Selon les campagnes en cours, des doses de vaccin peuvent être mises gratuitement à disposition des éleveurs de ruminants, y compris des caprins. Dans ce cas, seuls les frais de prescription et d'injection restent à votre charge. Renseignez-vous auprès de votre vétérinaire ou de votre GDS local pour savoir si une campagne est active près de chez vous.
Limiter les piqûres de moucherons au quotidien dans son enclos
Au-delà de la vaccination, quelques gestes simples permettent de réduire l'exposition de vos chèvres aux moucherons vecteurs de la FCO.
- La désinsectisation des animaux avec des produits ayant une autorisation de mise sur le marché (AMM) réduit le risque de piqûres. Attention toutefois : ce n'est pas une solution miracle et continue contre les culicoïdes, qui restent difficiles à éliminer complètement.
- Pensez aussi à l'environnement de vos chèvres : remuer ou couvrir les zones de stockage de matière organique, comme le fumier ou les litières humides, limite l'attractivité de ces zones pour les moucherons. Un enclos bien entretenu est déjà une première barrière utile.
En cas de foyer déclaré : les démarches pour se faire indemniser
Si malgré ces précautions votre troupeau est touché, sachez qu'il existe des démarches pour être accompagné, y compris financièrement dans certains cas.
Pour prétendre à une aide d'indemnisation, la maladie doit d'abord être confirmée par PCR, et votre élevage officiellement déclaré foyer. C'est une étape indispensable, à effectuer avec votre vétérinaire dès l'apparition de symptômes suspects.
En 2024, un dispositif d'aide d'urgence de l'État, géré via FranceAgriMer, a permis d'indemniser les surmortalités de caprins liées aux sérotypes 3 et 8 de la FCO, sur la base d'un forfait par catégorie d'animal. Ce type de dispositif peut évoluer d'une année sur l'autre selon la situation sanitaire.
Dans tous les cas, le GDS (groupement de défense sanitaire) local reste votre interlocuteur de référence pour vous accompagner dans une demande d'indemnisation FCO. N'hésitez pas à le contacter dès que vous avez un doute : c'est lui qui pourra vous guider pas à pas dans les démarches, quelle que soit la taille de votre troupeau.